Dans le souci de doter la Guinée d’hôtels de qualité, le Premier ministre Lansana Kouyaté, dans le cadre de la relance de la coopération bilatérale, avait, il y a peu, confié à la Libye, la construction de plusieurs hôtels dont ceux de Camayenne, Kaloum, Niger et Novotel. Des complexes tombés en désuétude, depuis près d’une décennie et dont la reprise se heurte constamment à l’énormité des frais qu’elle nécessite.
En plus de ces édifices, dont l’un pour la première fois en Guinée devrait être un ‘’5 étoiles’’, la Libye à travers son groupe de renommée internationale Laico, devait aussi construire plusieurs hôtels préfectoraux. L’évidence est que le Premier ministre avait à cœur, quand il prenait ses fonctions, de hisser la Guinée au rang des grandes métropoles africaines, dotés d’hôtels de qualité, fréquentables.
Mais contre toute attente, et dans des conditions jugées mystérieuses, un décret du Chef de l’Etat, le Général Lansana Conté, venait interdire la cession desdits hôtels aux investisseurs. Dans les allées du Palais, des oreilles introduites expliquent que des forces rétrogrades ont usé de manœuvre souterraine pour convaincre Lansana Conté de se renier, en rejetant en bloc le projet. Fait curieux, c’est le Général lui-même qui, émerveillé par un tel projet, avait, dès son élaboration, donné son accord au Premier ministre pour la rénovation des réceptifs hôteliers suscités.
Conséquence : la réalisation desdits hôtels, qui en principe devraient être inaugurés à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, le 02 octobre prochain, tombe à l’eau. Pour plusieurs observateurs la Guinée vient une nouvelle fois de rater le coache, par la faute de certains de ces fils qui ont choisi de toujours faire obstacle à son développement.
Le plus surprenant, c’est qu’au lieu de verser des larmes, pour le destin contrarié de ce pays, des partisans du Chef de l’Etat n’ont pas caché leur joie après que ce grand projet ait été foutu en l’air.
Pour ces derniers, aucun forfait n’est de trop s’il s’agit d’‘’affaiblir’’ Lansana Kouyaté. Même au prix de la souffrance des Guinéens. Opposés à la dilapidation des biens publics, préoccupés par le bien-être leurs concitoyens Kouyaté et son gouvernement sont devenus plus que gênant.
Mais, au-delà du ‘’décret d’annulation’’, il y a lieu de pousser un tout petit peu la réflexion et de voir concrètement ce que la Guinée perd en compromettant ce projet salvateur que d’autres pays ne rateraient sous aucun prétexte.
En effet, outre la reprise des hôtels, la Libye avait déjà entrepris des études pour la relance de la culture de l’ananas et de l’implantation d’une usine de jus de fruits dans la région de Forécariah. La relance de la culture de l’ananas devait sans nul doute offrir la possibilité à des milliers de nos compatriotes d’obtenir de l’emploi, et renflouer par le biais des taxes divers, les caisses de l’Etat Rappelons aussi que la construction des hôtels à travers le pays, tout comme leur exploitation après le 02 octobre devait également donner du travail à d’autres milliers de Guinéens.
Il n’y a pas besoin de rappeler que ce sont des centaines de jeunes, hautement qualifiés, sortis des écoles d’hôtellerie, qui attendent toujours leur premier emploi. La Lybie toujours dans le cadre de sa coopération avec la Guinée, prévoyait également de doter le pays d’une compagnie aérienne de haut standing, comme l’ont fait d’autres pays qui se sont associés à d’autres grandes compagnies.
Le plus surprenant, c’est qu’après avoir interdit la construction des hôtels par les Libyens à travers le pays, la Présidence est restée muette sur les solutions qu’elle propose pour réorganiser cet autre secteur à l’agonie, ni ce qu’elle comptait faire des vieux hôtels abandonnés. Pour mémoire, il faut rappeler que depuis des lustres, l’hôtel Kaloum, par exemple, est abandonné.
L’histoire du Kaloum, se confond à celle de la crise de l’hôtellerie en Guinée. C’est aussi l’histoire de projets abandonnés et d’intrigues de cour.
Ancien fleuron de l’hôtellerie guinéenne, le ‘’Kaloum’’, était passé entre les mains d’un certain Chérif Haïdara, vers la fin des années 90. Homme d’affaires malien introduit au cœur de la Présidence guinéenne, El Hadj Haïdara s’était fait offrir à coup d’intrigues, le joyau. Mais devant l’ampleur des dégâts et l’énormité des frais dus à des années d’abandon, l’homonyme du fils du Président déchante vite. Il abandonne l’hôtel et quitte la Guinée, faute de trouver les moyens pour le remettre en état.
Puis arrive un certain Mamadou Sylla, l’homme d’affaires de la Présidence, qui prend possession, non sans mal et aussi dans des conditions miraculeuses de l’hôtel Kaloum.
Mais depuis, toujours rien. Kaloum est resté le même, abandonné à lui-même car le président de Futurelec, qu’est Mamadou Sylla n’a pas trouvé intéressant de le reconstruire et de le rentabiliser. L’évidence est que pour ces hommes d’affaires aux pratiques peu orthodoxes, le projet de reprise de l’hôtel est en lui-même un fonds de commerce…
Une question reste alors posée : pourquoi certains des Guinéens, qui proclament leur ‘’nationalisme’’ au point de remettre en cause le contrat du nouveau Gouvernement avec la Libye, pourtant bénéfique au pays à tout point de vue, n’ont pas crié au scandale quand ce bel édifice avait été gracieusement offert à un étranger en la personne de Chérif Haidara, et ensuite à Mamadou Sylla, dans des conditions révoltantes.
La vérité est que certains ont peur des résultats du Gouvernement de Lansana Kouyaté qui chaque jour gagne le cœur des Guinéens.